Colloque à Bruxelles : Regards croisés sur le bijou

9 mars 2010

bijouBonne nouvelle pour ceux qui s’intéressent au bijou à la fois au plan artistique et culturel. L’Université Libre de Bruxelles et les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique organisent, en partenariat avec le Pôle Bijou de Baccarat, un colloque international : “Parures, Bijoux et Ornements - Histoire d’un Art de faire corps et de faire sens”. Il se tiendra à Bruxelles les 25 et 26 mars prochains.

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre du cours d’Arts décoratifs du professeur Brigitte D’Hainaut-Zveny (ULB), qui étudie les formes et les usages du bijou de l’âge de bronze aux créations actuelles. La volonté ici est de croiser analyses et expériences. Les conférenciers viennent d’horizons les plus divers : universitaires, historiens d’art, conservateurs de musées, galeristes, experts … Ils alterneront exposés de synthèse et études de cas. Pour conclure, une table ronde réunira six créateurs belges de renom qui s’essayeront à définir la place du bijou dans la société contemporaine.

  • Colloque Parure, Bijoux et Ornements : Histoires d’un art de faire corps et de faire sens - Musées royaux d’Art et d’Histoire - Grand auditorium - Parc du Cinquantenaire, 10 - 1000 Bruxelles
  • Le 25 et 26 mars 2010, de 9h à 17h

Les Saul Bell Design Awards 2010

8 mars 2010

Tous nos vœux accompagnent Angela Baduel-Crispin qui est en lice pour les Saul Bell Design Awards 2010. Cette talentueuse créatrice qui réside en Bretagne est l’une des cinq finalistes dans la catégorie Metal Clay.

Depuis dix ans, les Saul Bell Design Awards récompensent des joaillers du monde entier pour une œuvre originale et innovante et la qualité de sa réalisation. Palmarès : le 5 juin à Las Vegas ! A suivre …

Bague en pâte d'argent fin et or 24 carats - Angela Baduel-Crispin, septembre 2008

Bague en pâte d'argent fin et or 24 carats - Pièce présentée au Saul Bell Design Awards 2010 - Angela Baduel-Crispin, septembre 2008

Et, comme Angela aime partager son art, elle poursuit son travail de formatrice. Nous avons déjà mentionné ici les stages qu’elle anime dans le cadre du Pôle Bijou de Baccarat. Elle organise également, avec la créatrice Holly Gage, des stages-séjours en Bretagne sur des techniques novatrices : serti du Titanium ou de pierres inhabituelles, gravage de surface pour un effet style “repoussé”, bague sans joint, association de la pâte d’argent et des nouvelles pâtes de cuivre

Le Pôle Bijou de Baccarat célèbre le cristal et la coopération entre créateurs

5 mars 2010

bijoux-createurLe Pôle Bijou de Baccarat et l’association “Label Parure” organisent, du 15 au 27 mars prochains, une exposition à l’Espace Gruber de la CCI de Nancy. Les créateurs de bijoux lorrains y présenteront des pièces de cristal qu’ils ont librement interprétées. Parallèlement, chaque jour, un artisan fera découvrir les caractéristiques et les spécificités de son métier.

Une telle exposition symbolise les synergies progressivement développées sous l’impulsion du Pôle Bijou. La Cristallerie de Baccarat a offert un bloc de cristal permettant à chacun de réaliser l’œuvre de son choix. Les artisans créateurs se sont mis au travail et, pour leur création, ont beaucoup échangé avec d’autres acteurs du domaine du bijou : partage d’expériences et de techniques. Depuis plus de deux ans, en effet, les professionnels lorrains du bijou se rassemblent chaque mois à Baccarat pour parler de leur métier sous tous ses aspects : artistiques, techniques, économiques … En décembre 2009, ils ont institutionnalisé ces rencontres en créant “Label Parure“, association des talents créatifs du bijou et de la parure en Lorraine.

  • Exposition Créateurs de Bijoux … - Chambre de Commerce et d’Industrie de Nancy - Espace Gruber - 53, rue Stanislas - Nancy
  • Du 15 mars au 27 mars 2010

Splendeurs du temps des Maharajas : Des joyaux d’exception

4 mars 2010

maharajaLa chute de l’Empire britannique et l’indépendance de l’Inde en 1947 ont porté un coup fatal à leur magnificence, mais les Maharajas continuent de nous fasciner. Deux expositions permettent d’approcher leur univers. Pour découvrir les costumes des cours princières, la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent propose “Les derniers Maharajas” tandis que le musée The Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung de Munich prend le relais du Victoria and Albert Museum de Londres et produit la somptueuse exposition “Maharaja : The Splendour of India’s Royal Courts”.

costumes-maharajaSi le colonisateur britannique n’a pas confisqué la richesse des Maharajas, il a ôté à ces princes guerriers leur moyen d’expression favori : le droit de faire la guerre. Ceux-ci ont donc eu tout le loisir de se consacrer au plaisir et à la valorisation de leur image. La fin du Raj fut une époque bénie pour la création qui stimula, comme jamais auparavant, le talent des artisans indiens. C’est toute la richesse de cette production que propose aujourd’hui la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, en collaboration avec la Hutheesing Heritage Foundation. Les costumes des cours princières des derniers Maharajas se déclinent ici en une profusion de couleurs et de matières précieuses : or, argent, soie, brocart, broderies …  Une soixantaine de modèles et accessoires illustrent cette période où l’apparat tient lieu de langage officiel.

Achkan d'enfant en velours et broderies d'or - Collection Deepak et Daksha Hutheesing - Photographie : Dominique Cohas

Achkan d'enfant en velours et broderies d'or - Collection Deepak et Daksha Hutheesing © Photographie : Dominique Cohas

Même magnificence à Munich qui célèbre, après Londres, ces grands amateurs d’art et mécènes qui dirigèrent l’Inde. C’est à une véritable leçon d’Histoire que nous sommes conviés. L’exposition raconte les Maharajas du XVIIIème siècle jusqu’en 1947, date de l’indépendance indienne. C’étaient des chefs religieux, militaires et politiques avant que le colonisateur ne les relègue à l’unique fonction de mécènes et protecteurs des arts. Quelques 250 objets, tous plus somptueux les uns que les autres, retracent cette évolution. Une place importante est réservée aux bijoux, des bijoux d’exception. Rien d’étonnant à cela si l’on suit Rudyard Kipling pour qui Dieu avait créé les Maharajahs pour que l’Homme puisse connaître la splendeur des Palais et des Joyaux

Détail d'une toile représentant la procession de Maharao ram Singh II de Kota Kota - Victoria and Albert Museum V et A Images Victoria and Albert Museum, London

Aquarelle sur papier représentant la procession de Maharao Ram Singh II de Kota Kota - 1850 - Détail - Victoria and Albert Museum © Image Victoria and Albert Museum, London

le-collier-de-patiala1Le visiteur peut admirer des bijoux de turbans, des épées de cérémonie, des parures d’éléphants … Tous ces objets sont issus des métaux et pierres les plus précieux. On découvre également de somptueux tapis incrustés de perles, rubis, émeraudes et diamants. Il apparait également que par leurs commandes d’un luxe infini, les Maharajas participèrent activement au début du XXème siècle au développement et au rayonnement des plus prestigieux joailliers et des plus grandes maisons de luxe européennes. De fastueuses commandes furent passées aux maisons Cartier et Van Cleef & Arpels. Parmi ces commandes, celle de l’emblématique collier de Patiala, la plus importante jamais passée à Cartier. Ce collier de cérémonie comptait 2 930 diamants - dont le fameux De Beers - pour près de mille carats. Achevé en 1928 il symbolise le faste dans lequel vécut Bhupindar Singh, souverain de Patiala (Penjab). Arte a diffusé, il y a quelques années, un documentaire d’Yvon Gérault - aujourd’hui disponible en DVD - racontant l’histoire de ce joyau, disparu pendant plusieurs décennies puis restauré aussi fidèlement que possible, sans toutefois le précieux diamant De Beers.

Collier de Patiala

Collier de Patiala - Cartier, Paris 1928 - En 2002, restauration du collier avec de nouvelles pierres : platine, diamants, zirconia jaune, zirconia blanc, topazes, rubis synthétiques, quartz fumé et citrine © Cartier Collection

  • Exposition Maharaja : Pracht der indischen Fürstenhöfe / Maharaja : The Splendour of India’s Royal Courts - The Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung - Theatinerstrasse 8 - 80333 München - Allemagne   ››»  Du 12 février au 24 mai 2010
  • Exposition Les derniers Maharajas, costumes du grand Durbar à l’indépendance (1911 - 1947) - Fondation Pierre Bergé, Yves Saint Laurent - 5, avenue Marceau - 75116 Paris  ››»  Du 10 février au 9 mai 2010
  • Film documentaire Le collier de Patiala - Yvon Gérault - Idéale Audience - 2003 - Prix du documentaire historique au FIFAP à l’UNESCO en 2004

Portes ouvertes au centre de formation en bijouterie de l’AFEDAP

3 mars 2010

afedapSi les métiers du bijou vous intéressent, plusieurs organismes de formations existent en France.

Parmi ceux-ci, l’AFEDAP, l’Association pour la Formation et le Développement des Arts Plastiques, forme aux métiers de :

Bijoutier métier d’Art, Artisan, Ouvrier qualifié

Designer en bureau d’études (dessinateur, maquettiste)

Créateur indépendant (bijoux contemporain)

Les cursus proposés s’adressent à des adultes néophytes (à partir de 18 ans) cherchant une reconversion professionnelle ou à des professionnels de la bijouterie souhaitant acquérir de nouvelles connaissances et compétences.

Profitez des portes ouvertes qui auront lieu les 5 et 6 mars, de 10h à 18h30, pour vous informer et rencontrer les équipes pédagogiques et les élèves.

  • Portes ouvertes AFEDAP - AFEDAP - 15, rue Henri Murger - 75019 Paris
  • 5 et 6 mars 2010, de 10h à 18h30

La fonction sociale du bijou en Afrique et Océanie

25 février 2010

lart-detre-un-hommeSi le thème de la fonction et du rôle des parures et bijoux est assez peu exploré dans nos civilisations occidentales, une très intéressante exposition au musée Dapper de Paris vient nourrir notre réflexion sur ce point. A partir des exemples africains et océaniens, elle explore quelques aspects majeurs des identités masculines dans ces contrées où les hommes apparaissent rarement sans ornement. Les 150 œuvres présentées - parures et emblèmes - révèlent une réalité qui se situe bien au-delà de la seule valorisation esthétique.

La “mise en beauté” s’accompagne en effet ici de règles précises qui, à la fois confirment l’individu dans son statut et le qualifient par sa fonction politique et/ou religieuse aux yeux du groupe auquel il appartient. On le sait depuis les récits des explorateurs des mers du sud - Bougainville et Cook en particulier -, certains signes, objets et autres marques corporelles permettent immédiatement d’identifier le chef, le chasseur, l’officiant ou le devin … pour n’évoquer que les statuts les plus prestigieux. Les hommes parés sont au centre de relations complexes où se tissent les liens avec leurs semblables, mais aussi avec les ancêtres ou des entités surnaturelles. En général, pendentifs, colliers, bracelets, ou autres vêtements cérémoniels, circonscrivent également le monde masculin. Ils peuvent, par exemple, être le signe d’une masculinité qui s’affiche au sortir de l’enfance, après des épreuves souvent pénibles. Cela signifie, pour les jeunes hommes, la mise en place d’obligations et d’interdits qu’ils devront parfois respecter leur vie durant.

De gauche à droite : 1. POLYNÉSIE ÎLES FIDJI Collier. Dents et fibres: Collection particulière © Archives Musée Dapper et Hughes Dubois et WAAN – RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Pendentif. Ivoire, Collecté entre 1897 et 1910 Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren Inv. n° EO.0.0.16707 Photo Roger Asselberghs, MRAC Tervuren ©

De gauche à droite : Collier en dents et fibres - Iles Fidji, Polynésie - Collection particulière © Archives Musée Dapper et Hughes Dubois et Pendentif en ivoire, collecté entre 1897 et 1910 - Waan, République Démocratique du Congo - Musée Royal de l’Afrique Centrale, Tervuren Inv. n° EO.0.0.16707 © Photo Roger Asselberghs, MRAC Tervuren

Les parures exposées au musée Dapper sont d’une grande diversité. Pour les créer, Africains et Mélanésiens ont puisé les matériaux dans leur environnement naturel. Et parce qu’ils sont aussi chasseurs, pêcheurs ou agriculteurs, les hommes se sont souvent appropriés les qualités de tel ou tel animal, considéré comme le totem protecteur du groupe. C’est ainsi que la peau, les griffes, les dents du léopard, du lion, de l’hippopotame ou les défenses de l’éléphant sont utilisées pour les parures en Afrique. En Océanie, ce sont les attributs du porc, du chien, du cachalot. Le plumage des oiseaux, est aussi fort prisé pour la fabrication d’objets de prestige destinés aux chefs ou aux officiants. Le corps humain, lui-même, peut fournir les matières - cheveux, poils et dents - pour des ornements d’exception. Il est souvent également sollicité par diverses interventions - coiffures, peintures éphémères, tatouages, scarifications, perforations par des objets de différentes matières - toutes également porteuses de sens.

De gauche à droite : MÉLANÉSIE – PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE Pectoral Coquillages (Nassarius), graines (Abrus precatorius), canines de porc, fibres et résine et MÉLANÉSIE – PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE – ABELAM Ornement facial Canines de porc, coquillages (Nassarius), graines (Coix lacrymajobi), fibres et pigments, Ancienne collection Julius Konietzko. Collection particulière © Archives Musée Dapper et Hughes Dubois

De gauche à droite : Pectoral en coquillages, graines, canines de porc, fibres et résine - Mélanésie, Papouasie Nouvelle-Guinée et Ornement facial en canines de porc, coquillages, graines, fibres et pigments - Mélanésie, Papouasie Nouvelle-Guinée, Abelam - Ancienne collection Julius Konietzko, collection particulière © Archives Musée Dapper et Hughes Dubois

Les parures peuvent être simples comme en témoignent le “collier dent et fibres” des Iles Fidji ou le “pendentif en ivoire” du Congo, présentés ici. D’autres, telles le pectoral de Mélanésie fait de coquillages, de graines et de canines de porc sont nettement plus foisonnantes. Dans l’ordonnancement d’un autre pectoral de Mélanésie - canines de porc, coquillages et graines, c’est plutôt l’aspect agressif de l’objet qui est privilégié.

  • Exposition L’art d’être un homme - Musée Dapper - 35 bis, rue Paul Valéry - 75116 Paris
  • Du 15 octobre 2009 au 11 juillet 2010

Bijoux et parures en fer au musée Le Secq des Tournelles

18 février 2010

midi-museesPasser une heure au musée pour mieux comprendre l’art, mais aussi la technique, l’histoire et la culture d’une époque. C’est l’objectif des conférences initiées par l’Association des Amis des Musées de la Ville de Rouen. Nous avons retenu plus particulièrement celles consacrées aux bijoux en fer. La conférencière Anne Cuvelier donne rendez-vous aux amateurs de bijoux les 25 et 27 février prochains puis, dans le cadre de Midi-Musées des Musées de la Ville de Rouen, les 6, 7, 20 et 21 mai. Ces rencontres se tiennent dans un lieu magique : le musée Le Secq des Tournelles.

Un cadre original : le musée Le Secq des Tournelles

Installé dans l’église St Laurent - édifice gothique flamboyant du XVIème siècle - le musée Le Secq des Tournelles présente une collection unique au monde d’art du fer : enseignes, heurtoirs, clés serrures, outils, accessoires de couture … et bijoux. L’idée en revient au peintre et photographe Jean-Louis-Henri Le Secq Destournelles (1818-1882) qui a voulu célébrer les ressources infinies de ce métal. Son fils a prolongé sa collection et en a fait don à la ville de Rouen. Aujourd’hui, 6000 objets sont présentés en permanence. Ils couvrent une période qui va des Gallo Romains au XXème siècle, avec une prédilection pour les XVIIème et XVIIIème siècles. Parmi eux, de nombreux bijoux car la bijouterie en fer existe depuis fort longtemps.

Musée Le Secq des Tournelles - Musées de la Ville de Rouen - C. Lancien et C. Loisel

Musée Le Secq des Tournelles © Musées de la Ville de Rouen, C. Lancien et C. Loisel

Des pièces uniques chargées d’histoire

Les participants aux conférences sont donc invités à découvrir les différentes formes revêtues par cette bijouterie et se familiariser avec les techniques employées. Ils s’arrêteront par exemple à la vitrine des bijoux en acier poli dont la technique s’est développée en France à partir de 1776. Il est vrai qu’elle attire le regard par l’éclat des pièces présentées ; des pièces qui valent cher car le travail est long pour aboutir à cet aspect “canon de fusil” si caractéristique. La fonte de Berlin mérite aussi un “arrêt sur image”. La reine Louise de Prusse lança la mode de ces bijoux en alliage de fer et de carbone dont elle prisait particulièrement “l’aspect dentelle“. Mais cette technique est surtout célèbre aujourd’hui par l’acte patriotique qu’elle symbolise. En 1813, pour soutenir l’effort de guerre contre Napoléon, l’Empereur d’Allemagne demanda à ses sujets d’échanger leurs bijoux en or contre des parures en fonte. Vainqueur, Napoléon saisit les moules pour faire des répliques et les bijoux en fonte de Berlin ont été à la mode en France dans les années 1840. Ils ont longtemps aussi servi de bijoux de deuil.

Collier en fonte de Berlin - Musées de la Ville de Rouen - C. Lancien et C. Loisel

Collier en fonte de Berlin © Musées de la Ville de Rouen, C. Lancien et C. Loisel

La fonction du bijou

Châtelaine - Musées de la Ville de Rouen - C. Lancien et C. Loisel

Châtelaine © Musées de la Ville de Rouen, C. Lancien et C. Loisel

D’autres techniques seront également abordées telles le fer trempé, le fer repoussé, les bijoux ciselés … L’initiation consiste aussi en des explications sur la fonction de certaines pièces - par exemple des boucles de ceintures - ou la présentation de bijoux originaux. Savez-vous par exemple ce qu’est une Châtelaine ? Très en vogue à la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècle, cette parure, pour homme ou pour femme, se portait à la  ceinture. Une montre y était suspendue en même temps que des “gris-gris”. D’autres explications seront fournies concernant des diadèmes ou des boucles d’oreilles : sur l’origine du bijou, le contexte historique, sa fonction sociale et la mode. On parlera beaucoup aussi des moeurs et des habitudes de nos arrières grand mères et en particulier du carnet de bal, très prisé à la fin du XVIIIème et au début XIXème siècle. Vaste programme …

  • Musée Le Secq des Tournelles - Rue Jacques Villon - 76000 Rouen
  • Conférence Les bijoux - Une heure au musée, Association des Amis des musées de la ville de Rouen - Jeudi 25 et samedi 27 février 2010 à 14h15 et 16h
  • Conférence Objets de parure et bijoux en fer : châtelaines, colliers … - Midi Musées, Service des publics, Musées de la ville de Rouen - 6, 7, 20 et 21 mai 2010 à 12h30

Entretien avec Delphine Nardin

15 février 2010

Delphine Nardin est une des créatrices sélectionnée par la boutique créateur Notes Précieuses. Pour Le Magazine, elle nous a accordé un entretien, où elle dévoile son parcours, ses inspirations, ses réflexions sur son métier.

Notes Précieuses : Votre dernière collection s’articule autour du verre dépoli …

Delphine Nardin : Oui, j’avais envie de me confronter à cette matière glanée, parce qu’elle a subi la marque du temps qui passe ; c’est l’altération de la vie. J’aime ce matériau pauvre, en fin de vie, jeté, et qui devient précieux : ses nuances diaphanes, son velouté incroyable, ses formes aléatoires, portent la mémoire du temps et de la mer : des valeurs inestimables ! Mais c’est aussi l’œil avec lequel on le regarde qui en fait un trésor.  Ce travail correspond à une nouvelle étape dans mon cheminement : je souhaite que mes bijoux racontent une histoire plus personnelle, plus vivante, plus forte. Ce matériau me relie aussi à mes études en géologie et archéologie. Je retrouve ici l’importance de l’empreinte du temps et de la nature.

Broche Delphine Nardin

Broche en verre dépoli, argent plaqué ruthénium - Edition limitée et numérotée - Delphine Nardin - Bijouterie en ligne Notes Précieuses © Notes Précieuses

NP : Vous n’avez pas poursuivi dans l’archéologie ?

DN : Non, étudiante, j’ai participé à des programmes de fouilles et des travaux de restauration d’objets anciens. La réalité m’est alors très vite apparue : beaucoup de tâches matérielles lentes, fastidieuses, répétitives. Pas vraiment pour moi ! Je me suis alors orientée vers le bijou. J’ai tout de suite su que ça ne serait pas un hobby ; j’en ferais mon métier. Je n’ai rencontré aucun frein dans mon entourage où l’on a toujours valorisé l’expression artistique, la matière, la création manuelle.

NP : Pourquoi le bijou en particulier ?

DN : D’abord, j’aime façonner la matière. C’est un champ d’exploration dans lequel je trouve une grande liberté d’expression. Et ce qui me plait dans le bijou, c’est qu’il entre en interaction très forte avec le corps, avec la personnalité. Avec le bijou, on touche à l’intime autant qu’au symbolique et à l’universel.

NP : Avez-vous suivi une formation professionnelle ?

DN : Je n’ai pas voulu faire d’école de bijouterie. Il me semblait que cette forme d’apprentissage était à la fois trop formelle et trop contraignante. Je voulais laisser libre cours à une expression libre. Je me suis formée sur le tas - maquette, fonte à cire perdue, assemblage, soudure … - car l’expérience m’a vite révélé que la technique est partout dans le bijou et que seule sa parfaite maîtrise permet de faire aboutir une intention créatrice. Mais la technique doit savoir se rendre invisible ! Si je maîtrise toutes les étapes dans l’élaboration d’un bijou, je ne souhaite pas pour autant en assurer moi-même la réalisation. J’ai toujours travaillé avec des artisans spécialisés, dans une démarche d’étroite collaboration.

NP : Comment avez-vous démarré dans la profession ?

DN : C’est toujours compliqué de démarrer et le chemin n’est pas toujours rectiligne. Par différentes activités je me suis d’abord peu à peu introduite dans le milieu de la mode. J’ai été maquettiste chez un parurier de Haute Couture ; j’ai aussi été accessoiriste pour un défilé de Thierry Mugler. Enfin, j’ai pu sortir les premières pièces Delphine Nardin. J’ai alors démarché des boutiques. J’ai sans doute eu de la chance car tout de suite on a acheté mes bijoux. Je me souviens, c’était début 90. Les premiers contacts ont enclenché d’autres commandes. La machine était en marche et j’ai pu faire des salons.

NP : Quelles sont en général vos sources d’inspiration ?

DN : Il y a beaucoup de choses en jeu, sculpture, matériaux, fluidité, lumière … C’est avant tout une question de sensation. L’inspiration se nourrit d’un faisceau de choses innombrables. Un déclic vient et je me lance dans quelque chose. Selon mes besoins et mes envies, je tire plutôt tel ou tel tiroir. En effet, c’est comme si j’avais des “petits tiroirs” dans la tête. Chacun contient des évocations, des livres de référence, des artistes qui m’ont marquée, des paysages, des couleurs … Pour moi, la nature est une référence absolue et la matière est quelque chose d’important. J’aime explorer les matériaux et les confronter parfois de façon inattendue ; ce qui est important c’est le dialogue qui naît de cette confrontation

NP : Quel est votre processus de mise en place d’une nouvelle collection ?

DN : Je conçois mes bijoux de A à Z et il convient de distinguer plusieurs étapes dans l’élaboration d’une collection. Il y a l’étape de création tout d’abord, qui est un processus solitaire. Ensuite, il faut mettre en œuvre les projets et là, c’est un travail de collaboration.

NP : Commençons donc par la création …

DN : Mettons à part le verre dépoli avec lequel j’ai entamé un processus de création de pièce unique. Ici, c’est la matière qui déclenche le travail. Pour les autres matériaux, je commence toujours par faire des croquis. C’est le dessin qui va me stimuler. Ensuite, j’aborde le volume en réalisant des maquettes, parfois en matériaux de substitution, cire, laiton, papier, milliput …

NP : Et c’est à cet instant que démarre un travail de collaboration ?

DN : Effectivement, ce sont des artisans spécialisés qui vont ensuite réaliser les pièces dans les matériaux que j’ai choisi : la porcelaine ou l’ébène par exemple. A partir de ma maquette, ils réalisent un prototype ou un moule. Pour le métal, on utilise le procédé de la fonte à cire perdue. A ce stade, on procède encore à des adaptations car on se rend compte des problèmes techniques. On ne peut jamais tout anticiper dès la première étape, même après 20 ans de métier. C’est souvent sur un détail que la cohérence de l’ensemble prend forme.

Collier en ébène

Collier en ébène du Gabon taillé à la main et agate, jaspe, quartz, laiton oxydé et verni - Delphine Nardin - Bijouterie en ligne Notes Précieuses © Notes Précieuses

NP : Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos premières collections ?

DN : Mes premiers bijoux étaient assez simples. Ils avaient un aspect sculpté et leur montage était très rudimentaire. Au plan stylistique, les pièces - j’ai débuté avec le métal avant d’explorer d’autres matériaux - étaient très intuitives. Je suis encore étonnée par ce travail déjà bien équilibré alors que peu réfléchi. Aujourd’hui, ma démarche est toujours faite de spontanéité, mais aussi d’exploration et de beaucoup plus de travail. La maîtrise du métier se mesure dans la finition et le détail.

NP : Que vous apporte votre métier ?

DN : La liberté ! Et la satisfaction de créer, de mettre en œuvre le fruit de mon imagination. Le cheminement est souvent ingrat, mais il y a toujours une récompense au bout. Créer des bijoux n’est pas de tout repos. Il faut affronter le stress quand rien ne vient et c’est envahissant en phase de création, car on ne pense plus qu’à la collection en cours. Mais finalement je ne m’en plains pas car j’aime explorer et relever les challenges. En outre, il y a aussi les échanges avec les acheteurs, le partage d’expérience entre artistes … finalement. C’est très vivant et équilibré.

NP : Vous devez également être une business woman

DN : Certes. Le talent ne fait pas obligatoirement la réussite. Pour mener à bien son activité, il faut une capacité à gérer la finance, savoir se vendre et vendre ses créations … Le pan économique de l’activité de créateur prend beaucoup de temps et d’espace.

NP : Diriez-vous que c’est plus dur ou plus facile de s’investir dans le bijou aujourd’hui ?

DN : Sans conteste, c’est plus dur maintenant. Mais il y a bijou et bijou … Le marché s’est beaucoup développé, et la concurrence est parfois rude pour les créateurs. D’autant que cette diversité n’est pas forcément synonyme de créativité. Mais il y a tellement de façons de faire. Et tellement de clients potentiels. Chacun construit sa route, à sa mesure.

NP : Comment les gens arrivent-ils à s’y retrouver devant cette offre très diverse ?

DN : La capacité de “lire un bijou” s’acquiert.  Il faut savoir dépasser la simple séduction de ce qui est le plus “bluffant”. Il est important pour les créateurs de transmettre, d’expliquer leur travail, leur démarche.

NP : Votre conseil à une jeune créatrice ?

DN : Les frères Goncourt disaient : “il y a mille façons d’encourager les fausses vocations, mais aucune de décourager les vraies”. Il faut rêver sa vie et vivre ses rêves … et construire son avenir pas à pas.

Bijoux de créateurs à l’Espace Solidor : Une réinterprétation de la bijouterie traditionnelle

11 février 2010

affiche-leducation-sentimentaleL’Espace Solidor de Cagnes sur Mer propose, à partir du 27 février, une nouvelle exposition de bijoux de créateurs contemporains. Elle s’intitule “L’Education sentimentale”, en référence au roman de Flaubert où le narrateur doit se tailler son propre chemin sans se laisser influencer par les idées préconçues. Les sept artistes internationaux présentés puisent leur inspiration dans le répertoire de formes de la bijouterie traditionnelle et repensent leurs modèles en fonction des caractéristiques du monde actuel.

Broche composée d'un chandelier et 3 miroirs ovales - Anya Kivarkis

Broche composée d'un chandelier et 3 miroirs ovales - Anya Kivarkis

Les créations de l’américaine Anya Kivarkis font le lien, entre période ancienne - principalement de style Victorien - et contemporaine. Ses pièces détournent les images du luxe et de la joaillerie pour n’en laisser paraitre que l’illusion ; les pierres précieuses sont ici réduites à leur seule forme. Son travail, présenté pour la première fois en France, à déjà fait l’objet de nombreuses expositions aux Etats-Unis. Les bijoux de la britannique Lin Cheung s’inscrivent dans une réflexion sur les relations que chacun entretient avec ses bijoux. En s’appuyant sur des standards anciens, elle parvient à créer des bijoux nouveaux : une boucle d’oreille en forme de perle dorée ou un pendentif en forme de coeur sont par exemple laissés dans leurs écrins ouverts pour les transformer en broches.

Collier en argent et ambre - Asa Lockner

Collier en argent et ambre - Asa Lockner

Si les pièces de la suédoise Åsa Lockner ont l’apparence de bijoux classiques, elles n’en révèlent pas moins de menues imperfections, des parties inachevées, des traitements d’oxydations particuliers … Ces “défauts” délibérés traduisent la volonté de rendre perceptible le process de fabrication et de révéler les subtilités de la métamorphose progressive du métal selon son degré d’échauffement. Ses bijoux semblent en évolution permanente. Récemment diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg, la française Carole Deltenre part, elle, de formes traditionnelles comme le Camé ou la Chevalière. Mais c’est pour écrire une histoire du bijou passée par le prisme des combats féministes et la réappropriation de leur corps par les femmes.

Collier Blue/white kitchen, en faïence - Gesine Hackenberg

Collier Blue/white kitchen, en faïence - Gesine Hackenberg

La néerlandaise Gesine Hackenberg prélève dans des pièces de céramiques usuelles, des détails qui constituent les éléments de ses bijoux. Ses créations sont les éléments d’un puzzle dont les pièces sont indissociables de l’objet dans lequel ils ont été prélevés et forment un ensemble que la créatrice expose toujours de manière conjointe. Éloigné de l’esthétique dominante dans le bijou contemporain espagnol, Marc Monzo, pour sa part, préfère une réinterprétation d’une esthétique produite en Catalogne entre les années 30 et 70. Son travail associe souvent des matériaux précieux à des bouts de plastiques récupérés. Il s’agit de faire entrer le bijou dans la vie quotidienne ! Les pièces sélectionnées à Cagnes-sur-Mer portent toutes un regard ironique sur la bijouterie précieuse et sa valeur symbolique.

Broche portraits, photographies anciennes - Bettina Speckner, 2007

Broche portraits, photographies anciennes - Bettina Speckner, 2007

Travaillant à partir d’images photographiques anciennes, l’allemande Bettina Speckner suscite la libre interprétation de chacun car elle ne donne aucune indication sur les lieux, l’époque, l’identité des personnages. Ces images, associées à des perles, des pierres précieuses ou des objets du quotidien, ouvrent les portes d’une mémoire collective où chacun peut projeter son propre parcours.

  • Exposition L’Education sentimentale - Espace Solidor - Place du Château - Haut-de-Cagnes
  • Du 27 février au 23 mai 2010

Bijoux et Vanités

3 février 2010

affiche-vanites“Vanité des vanités, tout est vanité” … Au IIIème siècle avant Jésus Christ, les textes de l’Ecclésiaste mettaient en balance l’oeuvre dérisoire de l’Homme face à la mort. Ensuite, c’est l’Art qui a pris le relais dans ce rappel à l’humilité. A travers 150 pièces originales, le Musée Maillol met aujourd’hui en perspective les différentes approches de la mort selon les époques et les artistes. En remontant le fil du temps, l’exposition “C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst” nous convie à un véritable parcours initiatique où le bijou tient une place non négligeable.

Le visiteur commence par découvrir les vanités contemporaines. D’emblée, des oeuvres fortes l’interpellent. La sérigraphie du crâne en poussières de diamants de Damien Hirst “For the love of God, Laught” par exemple, voisine avec un crâne en mouches du même auteur “The fear of death (Half Skull)”. À se demander si le chef de file de la YBA Generation, parvient à choisir entre le beau et le réaliste pour représenter la mort.

Une chose en tous cas est certaine, depuis la fin du XXème siècle, la représentation de la mort est foisonnante dans l’art et déborde largement de son champ. Crânes et ossements ont également envahi notre quotidien et s’affichent sur les vêtements et les pochettes de CD … Les créations morbides ont évolué selon les époques. Les vanités médiévales soulignaient la brièveté de la vie et l’inutilité des biens terrestres ; les vanités actuelles sont plus agressives et évoquent les totalitarismes et l’évolution pernicieuse de la société moderne.

Bague en or et émail représentant un crâne traversé par un serpent - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Bague "Alchimie" en or et émail, représentant un crâne traversé par un serpent - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

L’exposition “Les Vanités” consacre une large place aux oeuvres picturales et met en perspective les approches de la mort selon Le Caravage, Géricault, Cézanne, Braque, Ernst ou Picasso, mais aussi selon Warhol, Uklanski ou Hirst pour ne citer que ceux là. Mais, parce qu’en occident, les bijoux sont eux aussi le reflet des mentalités et des angoisses, ils ont ici une place importante. Du Moyen Age à l’époque contemporaine, les sentiments mortifères se sont aussi largement exprimés par les bagues, colliers et bracelets.

Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

De gauche à droite : Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Boucles d’oreilles à pendants "Tempus fugit" composées de deux miniatures sur argent représentant des vanitas en or et diamants - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Pour la première fois sont exposées en France de très nombreuses pièces créés par la dynastie des Codognato. Depuis 1866, ces joaillers vénitiens ont produit, dans la plus grande discrétion, des bijoux chargés de symboles mortuaires. Les pendentifs, colliers et bagues en forme de crânes et d’ossements sont entourés d’or, d’émail, de pierres précieuses. S’inspirant parfois des peintres du Grand Siècle ou plus récemment de surréalistes tel Magritte, les Codognato ont su fasciner des acheteurs aussi prestigieux que d’Annunzio, Visconti, Onassis, Cocteau, Hemingway, Diaghilev, Manet, Wharol ou Elton John.

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, Bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle/Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

D’autres bijoux, prêtés par le galeriste et collectionneur parisien Yves Gastou, sont davantage liés aux phénomènes sociaux contemporains. Délaissant les bagues Renaissance, censées rappeler à chacun qu’il va mourir ou les bagues de deuil du XIXème siècle, Yves Gastou s’est concentré sur les bijoux où la mort devient symbole agressif de contestation et d’anarchie. On peut ainsi redécouvrir les bagues viriles et barbares réalisées par Suzanne Gulliver pour les Hells Angels dans les années 1950. On peut admirer également les créations fantastiques plus récentes du hollandais André Lassen. On notera encore, pour l’anecdote, que les grands joaillers parisiens ne sont pas totalement absents de l’exposition. Helmut Newton “Shakespeare - Crâne et collier de diamants” a photographié aux rayons X un modèle qui porte un collier de diamants Van Cleef and Arpels.

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

  • Exposition C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst - Fondation Dina Vierny, Musée Maillol - 61, rue de Grenelle - 75007 Paris
  • Du 3 février au 28 juin 2010